
La repression se poursuit en Syrie
Des dizaines de civils ont été tués à Homs, cible d'un assaut sans précédent des forces de sécurité syriennes depuis cinq jours.
Homs restera sans doute dans les mémoires comme le tournant de la crise syrienne.Soit les forces de sécurité réussissent à mater la ville, principal foyer d'opposition depuis le début des manifestations pour réclamer des réformes démocratiques, il y a près d'un an, et le régime de Bachar el-Assad se maintient au pouvoir tant bien que mal, le conflit se transformant en guerre d'usure entre le pouvoir et l'opposition.
Ou alors la ville martyre d'Homs devient le symbole de la révolution et mobilise la communauté internationale.
Pour le moment la visite du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a donné un peu de répit au président Assad.
La communauté internationale doit trouver une nouvelle stratégie face à la crise syrienne après les veto de la Russie et de la Chine à un projet de résolution au Conseil de sécurité samedi dernier.
Mais quels que soient les engagements donnés par le président Assad pendant les entretiens quant aux réformes et à une solution pacifique de la crise, le président syrien semble utiliser ce répit pour intensifier les bombardements sur Homs. Il est évident que le régime veut faire de Homs, un exemple pour décourager tout soulèvement dans d'autres villes.

C'est une stratégie à hauts risques. A court terme, les forces gouvernementales peuvent en effet marquer un point. Mais pour le long terme, Homs deviendra le symbole d'une dictature sanglante.
Enfin, certains pays pourraient être amenés à soutenir directement les groupes d'opposition si le nombre de morts continue à augmenter. A mesure que l'on s'approche d'une guerre civile, la Turquie devrait jouer un rôle majeur pour résoudre la crise.