Comment éviter le piège des anglicismes

A l'ère de la mondialisation et des anglicismes à tout va, la tentation est grande, pour les journalistes de langue française, de calquer des structures syntaxiques sur l'anglais. Ces libertés prises avec la langue ont un impact non négligeable sur l'évolution du français.

Dans un article, chaque mot compte et les anglicismes peuvent prêter à confusion, voire provoquer des malentendus : par exemple, pourquoi parler d'un cartoonist plutôt que d'un caricaturiste,  le terme français étant, en l'occurrence, plus précis ?

L'un des rôles du journaliste est d'être un “traducteur “ de l'information et de la présenter clairement. Il doit notamment choisir ses mots avec soin, pour ne pas laisser de place aux malentendus. Or tous les francophones ne savent pas ce que sont le tryvertising, le crowdfunding ou le reporting.

On dit, en bon français, à dire vrai et non pour dire la vérité (traduction mot à mot de to say the truth) et on parle d'un farouche défenseur, pas d'un féroce défenseur. Si l'auditeur ou le téléspectateur doit passer son temps à interpréter les paroles d'un journaliste, le message lui échappera. Il pourra même en venir à se demander si ces approximations linguistiques ne reflètent pas un manque de rigueur journalistique.

On trouve des anglicismes dans la langue française depuis plus d'un siècle mais les médias francophones propagent aussi depuis peu des expressions toutes faites : la business intelligence, le fact checking, les media training. Des mots français sont même incorporés dans de telles structures, par exemple dans un e-relevé, un e-billet ou un e-courrier.

Pour la linguiste Henriette Walter, cette construction est particulièrement dangereuse en raison de son ambiguïté : comment ce e, qui correspond à l'initiale du mot electronic, est-il sensé être prononcé ? Comme un e, un é ou comme le i de i-phone ? "C'est plus simple, ça va vite, on se laisse aller, mais il faut lutter. Les journalistes doivent questionner les mots qu'ils emploient, les auditeurs étant influencés, même inconsciemment, par la prononciation des journalistes à la radio."

Henriette Walter recommande aux professionnels de la communication de se référer au site France Terme (http://www.culture.fr/franceterme).